CoursSciences économiques et sociales · 1re
Pourquoi certaines personnes enfreignent-elles les règles ? Comment la société réagit-elle, et comment se forme l'opinion publique ? La spécialité SES étudie la déviance, le contrôle social et l'opinion publique — des notions clés pour comprendre la vie en société.
Le cours
La déviance est un concept important de la sociologie : elle désigne le fait de transgresser les normes en vigueur dans une société ou un groupe. Étudier la déviance permet de mieux comprendre, par contraste, le fonctionnement des normes et de l'ordre social.
Est déviant un comportement qui s'écarte des normes et qui, de ce fait, suscite une réaction de désapprobation ou de sanction. La déviance ne se limite pas à ce qui est illégal : elle inclut tout ce qui transgresse des normes sociales, même non écrites (s'habiller de façon très inhabituelle, par exemple). Un point fondamental, souligné par le sociologue Becker, est que la déviance n'est pas une qualité de l'acte lui-même, mais dépend du regard de la société : un même comportement peut être jugé déviant ou non selon l'époque, le lieu ou le groupe. La déviance est donc relative et socialement construite.
Comprendre la déviance et son caractère relatif est essentiel pour analyser les normes et les réactions sociales. C'est un thème central de la sociologie. Il est approfondi dans le supérieur, en sociologie (sociologie de la déviance), où l'on étudie comment les sociétés définissent et traitent les comportements qui s'écartent des normes.
Ce qui est jugé déviant dans une société peut être accepté dans une autre.
Toute société cherche à faire respecter ses normes et à limiter la déviance : c'est le rôle du contrôle social. Comprendre le contrôle social permet de saisir comment l'ordre social se maintient et comment les comportements sont régulés.
Le contrôle social est l'ensemble des moyens par lesquels une société incite ses membres à respecter les normes. On distingue le contrôle social informel, exercé au quotidien par l'entourage (désapprobation, moqueries, éloge, pression du groupe), et le contrôle social formel, exercé par des institutions spécialisées (police, justice, règlements). Le contrôle social peut être négatif (sanctionner les écarts) ou positif (récompenser les comportements conformes). Il agit aussi de l'intérieur, par la socialisation, qui fait que les individus intériorisent les normes et se contrôlent eux-mêmes.
Comprendre le contrôle social, sous ses formes informelles et formelles, est essentiel pour analyser le maintien de l'ordre social. C'est un concept fondamental de la sociologie. Il est approfondi dans le supérieur, en sociologie, où l'on étudie les mécanismes de régulation sociale et leurs évolutions dans les sociétés modernes.
Le regard des autres (contrôle informel) ou la loi (contrôle formel) encadrent les comportements.
Le contrôle social n'est pas figé : ses formes évoluent avec les sociétés. Dans les sociétés modernes, on observe des transformations importantes de la façon dont les comportements sont surveillés et régulés.
Une évolution notable est le passage d'un contrôle social de proximité, exercé par l'entourage dans des communautés où « tout le monde se connaît », à des formes plus institutionnalisées et parfois plus techniques. Dans les sociétés contemporaines, plus vastes et plus anonymes, le contrôle social informel de l'entourage s'est en partie affaibli, tandis que le contrôle formel (institutions, réglementations) et les moyens techniques de surveillance se sont développés (vidéosurveillance, traçage numérique). Ces évolutions soulèvent des questions sur l'équilibre entre sécurité et libertés.
Comprendre l'évolution du contrôle social permet d'analyser les transformations des sociétés modernes et les débats qu'elles suscitent (notamment sur la surveillance). Cette analyse est importante en sociologie. Elle est approfondie dans le supérieur, en sociologie et en science politique, pour comprendre les formes contemporaines de régulation et leurs enjeux.
Les outils numériques créent de nouvelles formes de contrôle (traçabilité des activités).
L'opinion publique désigne les opinions partagées par les membres d'une société sur les questions qui les concernent. Elle joue un rôle important dans les démocraties, mais c'est une notion complexe, qu'il faut analyser avec précaution.
L'opinion publique s'exprime de diverses manières (débats, médias, mobilisations) et se mesure notamment par les sondages. Mais les sociologues soulignent que l'opinion publique n'est pas une donnée simple : elle est diverse, changeante, et sa mesure comporte des limites (la façon de poser les questions influence les réponses ; tout le monde n'a pas d'opinion sur tout). L'opinion publique est aussi façonnée par de nombreux facteurs : les médias, les réseaux sociaux, les personnalités influentes. Son rôle dans la vie démocratique est important, mais son interprétation demande de la prudence.
Comprendre ce qu'est l'opinion publique, comment elle se forme et se mesure, et quelles sont les limites de sa mesure, est essentiel pour analyser la vie démocratique et médiatique. Ce thème est au cœur de la sociologie politique. Il est approfondi dans le supérieur, en science politique et en sociologie, notamment dans l'étude des sondages, des médias et de la communication.
Les sondages mesurent l'opinion publique, mais avec des limites qu'il faut connaître.
La déviance est la transgression d'une norme. Elle est relative : un comportement jugé déviant ici ou hier peut être accepté ailleurs ou aujourd'hui. La déviance n'est donc pas une qualité « en soi », mais dépend des normes en vigueur.
Pour faire respecter ses normes, la société exerce un contrôle social : formel (police, justice) et informel (regard des proches, réputation).
L'opinion publique désigne les opinions partagées sur les questions de société. On cherche à la mesurer, notamment par les sondages — des outils utiles mais imparfaits (formulation des questions, échantillons, marges d'erreur).
L'opinion publique n'est pas la simple somme des opinions individuelles : elle se construit dans le débat public, influencée par les médias et les acteurs politiques.
Un même comportement peut être toléré dans une société et sanctionné dans une autre. Qu'en conclure sur la déviance ?
Des sociologues ont montré que la déviance dépend aussi du regard porté sur elle : c'est en désignant un acte comme déviant (« l'étiquetage ») qu'une société le construit comme tel. Cette approche invite à s'interroger non seulement sur ceux qui transgressent, mais aussi sur ceux qui définissent les normes — un regard précieux pour comprendre nos sociétés.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1Qu'est-ce que la déviance ?
La déviance est le fait de transgresser une norme sociale (ce qui est déviant varie selon les sociétés).
Exercice 2Le regard et les remarques de l'entourage relèvent de quel type de contrôle social ?
Le regard des autres et les remarques de l'entourage relèvent du contrôle social informel.
Exercice 3Comment mesure-t-on souvent l'opinion publique ?
L'opinion publique se mesure notamment par les sondages (à interpréter avec prudence) et s'exprime via les médias.
Exercice 4Ce qui est considéré comme déviant est le même dans toutes les sociétés et à toutes les époques.
Faux : la déviance est relative ; ce qui est jugé déviant varie selon les sociétés et les époques.
Exercice 5Explique la différence entre contrôle social formel et informel, avec un exemple de chacun.
Le contrôle social informel passe par l'entourage (le regard des autres, les remarques, la désapprobation), par exemple quand des amis désapprouvent un comportement. Le contrôle social formel passe par les institutions (lois, police, justice), par exemple une amende. Les deux visent à faire respecter les normes.
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