CoursPhilosophie · tle
Le désir nous met en mouvement : il est manque, élan, source de joie comme de souffrance. Mais le désir peut-il nous rendre heureux ? Cette notion interroge le lien entre le désir, le bonheur et la sagesse.
Le cours
Désirer, c'est tendre vers ce qu'on n'a pas : le désir est souvent défini comme un manque. Platon le compare à un tonneau percé : à peine un désir comblé, un autre surgit. Le désir semble donc condamné à l'insatisfaction.
Le désir naît du manque et se renouvelle sans cesse.
Platon compare le désir à un tonneau percé qu'on ne finit jamais de remplir.
Parce qu'il est manque, le désir peut être source de souffrance : on souffre de ne pas avoir, puis on se lasse de ce qu'on obtient. Certaines philosophies (comme le stoïcisme) invitent à maîtriser ses désirs pour ne pas en être l'esclave.
Le désir mal maîtrisé peut faire souffrir.
Les stoïciens conseillent de désirer ce qui dépend de nous, pour ne pas souffrir de l'inaccessible.
Le bonheur est un état de satisfaction durable et complet, que tous recherchent. Mais comment l'atteindre ? Épicure distingue les désirs naturels et nécessaires (à satisfaire) des désirs vains (à écarter) : le bonheur viendrait de la maîtrise et de la modération.
Le bonheur supposerait de bien choisir ses désirs.
Épicure invite à se contenter des désirs naturels et nécessaires pour atteindre la sérénité.
Faut-il pour autant supprimer le désir ? Pour d'autres penseurs (comme Spinoza), le désir est l'essence même de l'homme, sa puissance d'agir : il ne s'agit pas de l'éteindre, mais de l'orienter vers ce qui nous accomplit vraiment.
Le désir peut être une force d'accomplissement.
Pour Spinoza, le désir est l'essence de l'homme : non un défaut, mais une puissance de vivre.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1À quoi Platon compare-t-il le désir insatiable ?
Platon compare le désir à un tonneau percé qu'on ne finit jamais de remplir (insatisfaction).
Exercice 2Quelle distinction Épicure établit-il à propos des désirs ?
Épicure distingue les désirs naturels et nécessaires (à satisfaire) des désirs vains (à écarter).
Exercice 3Pour Spinoza, le désir est…
Pour Spinoza, le désir est l'essence de l'homme : non un défaut, mais une puissance de vivre à orienter.
Exercice 4Le désir, défini comme manque, peut être source de souffrance.
Vrai : parce qu'il est manque, le désir peut faire souffrir (insatisfaction, puis lassitude).
Exercice 5Le bonheur suppose-t-il de supprimer le désir ou de l'orienter ? Présente les deux positions.
Une première position (Platon, Épicure, stoïciens) voit le désir comme un manque source de souffrance : le bonheur supposerait de maîtriser ou limiter ses désirs (se contenter des désirs naturels et nécessaires). Une seconde position (Spinoza) voit le désir comme l'essence et la puissance de l'homme : il ne s'agit pas de le supprimer, mais de l'orienter vers ce qui nous accomplit vraiment. Le débat porte donc sur la maîtrise ou l'accomplissement du désir.