CoursMathématiques · 2de
La seconde ouvre une nouvelle façon de parler des nombres : avec des ensembles et des intervalles. On range les nombres en grandes familles et on apprend un langage précis pour décrire des groupes de nombres — la base du langage mathématique du lycée.
Le cours
Les nombres se rangent en grandes familles emboîtées, comme des poupées russes : — les entiers naturels ℕ : 0, 1, 2, 3… ; — les entiers relatifs ℤ : les naturels + leurs opposés négatifs (…, −2, −1, 0, 1, 2…) ; — les décimaux 𝔻 : les nombres à virgule finie (comme 3,25) ; — les rationnels ℚ : tous les quotients d'entiers (les fractions, comme 1/3) ; — les réels ℝ : tous les nombres de la droite graduée, y compris ceux comme √2 ou π.
Chaque famille est incluse dans la suivante : ℕ ⊂ ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ. Ainsi, un entier naturel est aussi un réel. Certains réels (comme √2 ou π) ne sont pas rationnels : on dit qu'ils sont irrationnels.
−3 est dans ℤ (et ℝ) mais pas dans ℕ ; 1/3 est dans ℚ ; √2 est dans ℝ mais pas dans ℚ.
Un intervalle décrit un « morceau » continu de la droite des réels. On le note avec des crochets : [2 ; 5] désigne tous les réels compris entre 2 et 5, bornes COMPRISES.
Un crochet retourné (ouvert) exclut la borne : ]2 ; 5] exclut 2 mais inclut 5. Pour dire « aussi grand qu'on veut », on utilise le symbole d'infini : [3 ; +∞[ désigne tous les réels supérieurs ou égaux à 3. Attention : à côté de l'infini, le crochet est toujours ouvert (on n'atteint jamais l'infini).
Exemples : x ≥ 0 s'écrit [0 ; +∞[ ; −1 < x ≤ 4 s'écrit ]−1 ; 4]. Les intervalles servent notamment à exprimer les solutions d'une inéquation ou l'ensemble de définition d'une fonction.
x ≥ 3 s'écrit x ∈ [3 ; +∞[ ; 2 < x ≤ 5 s'écrit x ∈ ]2 ; 5].
On consolide le calcul sur les nombres. Les puissances suivent des règles précises : aᵐ × aⁿ = aᵐ⁺ⁿ (on additionne les exposants), (aᵐ)ⁿ = aᵐˣⁿ, et a⁻ⁿ = 1/aⁿ. Exemple : 2³ × 2⁴ = 2⁷ = 128.
Les racines carrées ont aussi leurs règles : √a × √b = √(ab), et √(a²) = a (pour a positif). Exemple : √8 = √(4 × 2) = 2√2.
On manipule également les fractions (mise au même dénominateur pour additionner) et le calcul littéral. La maîtrise de ce calcul « à la main » est indispensable au lycée : elle permet de simplifier les expressions et d'obtenir des résultats exacts, sans dépendre de la calculatrice.
2³ × 2⁴ = 2⁷ ; √12 = √(4 × 3) = 2√3.
Une valeur exacte garde sa forme précise, sans aucune approximation : √2, 1/3, ou π sont des valeurs exactes. Une valeur approchée est un arrondi : √2 ≈ 1,41, ou π ≈ 3,14.
En mathématiques, on privilégie toujours la valeur exacte, car elle ne perd aucune information. Écrire « le résultat est 1/3 » est plus juste que « 0,33 », qui est arrondi.
Les arrondis restent utiles pour se représenter un ordre de grandeur ou donner un résultat concret (un prix, une mesure). On indique alors le symbole ≈ (« environ ») et la précision : « 5,7 cm au dixième près ». Confondre = et ≈ est une erreur à éviter : l'un affirme une égalité, l'autre une approximation.
1/3 est exact ; 0,333 n'est qu'une valeur approchée (arrondie).
Les nombres se rangent dans des ensembles emboîtés. Les entiers naturels (0, 1, 2…) forment ℕ ; en ajoutant les négatifs, on obtient ℤ ; en ajoutant les fractions, ℚ ; et en ajoutant les nombres comme √2 ou π, on obtient ℝ, l'ensemble des réels.
Chaque ensemble est inclus dans le suivant : ℕ ⊂ ℤ ⊂ ℚ ⊂ ℝ. Savoir à quel ensemble appartient un nombre est essentiel au lycée.
Un intervalle traduit une condition sur x. « x compris entre 2 et 5, bornes comprises » s'écrit x ∈ [2 ; 5]. Si les bornes sont exclues : ]2 ; 5[.
Vers l'infini, on ouvre toujours le crochet : « x supérieur ou égal à 3 » s'écrit x ∈ [3 ; +∞[.
Écrire sous forme d'intervalle : « x est strictement supérieur à −1 et inférieur ou égal à 4 ».
Certains nombres, comme √2 ou π, ne peuvent s'écrire sous forme de fraction : ce sont les irrationnels. Les Grecs anciens furent bouleversés de découvrir que √2 était irrationnel, ce qui remettait en cause leur vision du monde. Ces nombres, indispensables en géométrie et en analyse, complètent l'ensemble des réels ℝ.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1À quel ensemble appartient le nombre −5 ?
−5 est un entier négatif : il appartient à ℤ (et à ℚ, ℝ), mais pas à ℕ.
Exercice 2Comment écrit-on l'ensemble des réels x tels que 2 < x ≤ 5 ?
2 est exclu (crochet ouvert) et 5 est inclus (crochet fermé) : ]2 ; 5].
Exercice 3Que vaut 2³ × 2⁴ ?
On additionne les exposants : 2³ × 2⁴ = 2³⁺⁴ = 2⁷.
Exercice 4Du côté de l'infini, l'intervalle se note toujours avec un crochet ouvert.
Vrai : on ne peut jamais inclure l'infini, donc le crochet est toujours ouvert ([3 ; +∞[).
Exercice 5Quelle est la valeur exacte de √12 simplifiée ?
√12 = √(4 × 3) = √4 × √3 = 2√3.
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