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Suis-je libre, ou mes actes sont-ils déterminés par des causes qui m'échappent ? La liberté est peut-être la notion la plus chère à l'être humain — et la plus difficile à établir. Une question centrale de la philosophie.
Le cours
Au sens courant, être libre, c'est faire ce qu'on veut, sans contrainte. Mais la philosophie distingue cette liberté « extérieure » (l'absence d'obstacles) d'une liberté plus profonde : le libre arbitre, la capacité de choisir par soi-même, voire de vouloir.
Être libre, est-ce seulement faire ce qu'on veut ?
On peut être libre de ses mouvements, mais agir sous l'effet d'habitudes ou de pressions.
Le déterminisme affirme que tout événement a une cause : nos actes seraient eux aussi déterminés (par notre éducation, notre histoire, notre cerveau, la société). Si tout est causé, le sentiment de liberté ne serait-il qu'une illusion ? C'est un défi majeur pour la liberté.
Si tout est déterminé, la liberté est-elle une illusion ?
Spinoza : nous nous croyons libres parce que nous ignorons les causes qui nous déterminent.
Contre le déterminisme, certains affirment le libre arbitre : la capacité de choisir entre plusieurs possibles. Pour Sartre, l'homme est même « condamné à être libre » : il n'a pas de nature fixée et se définit par ses choix, dont il est entièrement responsable.
La liberté serait au cœur de la condition humaine.
Pour Sartre, l'homme est « condamné à être libre » : il se fait par ses choix.
La liberté a une conséquence majeure : la responsabilité. Si je suis libre de mes actes, j'en suis responsable. C'est pourquoi la question de la liberté est aussi morale et juridique : on ne juge que des actes accomplis librement. Liberté et responsabilité sont liées.
Être libre, c'est aussi être responsable.
On ne tient pour responsable que celui qui a agi librement, non sous la contrainte absolue.
Le déterminisme soutient que tout a des causes : nos choix seraient l'effet de notre hérédité, de notre éducation, de notre cerveau. La liberté ne serait qu'une illusion.
D'autres défendent le libre arbitre : nous ferions l'expérience de choisir. Certains (compatibilistes) tentent de concilier les deux : on peut être « libre » au sens d'agir selon sa volonté, même dans un monde causal. Ce débat est l'un des plus profonds de la philosophie.
Pour Sartre, l'homme est « condamné à être libre » : même ne pas choisir est un choix, et nous sommes responsables de ce que nous faisons de nous-mêmes.
Cette liberté radicale est exigeante : elle interdit de se réfugier derrière les circonstances. À l'inverse, si le déterminisme était total, l'idée même de responsabilité vacillerait. Liberté et responsabilité sont ainsi intimement liées.
Si nos choix ont des causes, peut-on encore dire que nous sommes libres ?
Les neurosciences et les sciences sociales relancent la question : notre milieu, notre cerveau, nos conditionnements pèsent-ils sur nos choix ? Reconnaître ces influences n'annule pas forcément la liberté : cela peut inviter à la conquérir, par la lucidité et l'éducation. La liberté serait alors moins un fait donné qu'une tâche à accomplir.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1Qu'affirme le déterminisme ?
Le déterminisme affirme que tout événement a une cause ; nos actes seraient eux aussi déterminés.
Exercice 2Selon Spinoza, pourquoi nous croyons-nous libres ?
Pour Spinoza, nous nous croyons libres parce que nous ignorons les causes qui nous déterminent.
Exercice 3Quelle formule de Sartre exprime l'idée que l'homme se définit par ses choix ?
Pour Sartre, l'homme est « condamné à être libre » : sans nature fixée, il se définit par ses choix.
Exercice 4La liberté implique la responsabilité de ses actes.
Vrai : si l'on est libre de ses actes, on en est responsable ; on ne juge que des actes accomplis librement.
Exercice 5En quoi le déterminisme constitue-t-il un défi pour la liberté ?
Le déterminisme affirme que tout événement, y compris nos actes, a une cause (éducation, histoire, cerveau, société). Si tous nos choix sont entièrement causés par des facteurs qui nous précèdent, alors le sentiment de choisir librement pourrait n'être qu'une illusion (Spinoza : nous ignorons les causes qui nous déterminent). Le défi est donc de savoir si une réelle liberté de choix (le libre arbitre) est possible dans un monde où tout semble déterminé.
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