CoursMathématiques · 2de
L'algèbre du lycée pousse plus loin le calcul littéral du collège : on développe, on factorise, et on résout des équations et des inéquations plus riches. C'est un outil de raisonnement puissant, utile dans toutes les sciences.
Le cours
On consolide les deux opérations inverses. Développer transforme un produit en somme ; factoriser fait l'inverse (somme → produit). On s'appuie sur les trois identités remarquables : (a + b)² = a² + 2ab + b² ; (a − b)² = a² − 2ab + b² ; (a + b)(a − b) = a² − b².
Exemples de développement : (x + 3)² = x² + 6x + 9 ; (x − 5)(x + 5) = x² − 25. Exemple de factorisation : x² − 9 = (x − 3)(x + 3) (différence de deux carrés).
Ces identités accélèrent énormément les calculs et évitent la double distributivité à chaque fois. Les reconnaître « dans les deux sens » est un réflexe essentiel au lycée.
(x + 3)² = x² + 6x + 9 ; x² − 25 = (x − 5)(x + 5).
Résoudre une équation, c'est trouver toutes les valeurs de l'inconnue qui rendent l'égalité vraie. On isole x en effectuant la même opération des deux côtés (opérations équivalentes). Exemple : 2x + 3 = 11 → 2x = 8 → x = 4.
Pour une équation-produit, on utilise une règle très puissante : un produit de facteurs est nul si et seulement si l'un au moins des facteurs est nul. Ainsi (x − 2)(x + 5) = 0 donne x − 2 = 0 ou x + 5 = 0, soit x = 2 ou x = −5.
La factorisation est souvent la clé : pour résoudre x² − 3x = 0, on factorise en x(x − 3) = 0, d'où x = 0 ou x = 3. On vérifie toujours ses solutions en les réinjectant dans l'équation de départ.
(x − 2)(x + 3) = 0 ⟺ x = 2 ou x = −3.
Une inéquation compare deux expressions avec les symboles <, >, ≤ ou ≥. On la résout comme une équation (mêmes opérations des deux côtés), avec UNE règle cruciale : quand on multiplie ou divise les deux membres par un nombre négatif, on INVERSE le sens de l'inégalité.
Exemple : −2x > 6 → on divise par −2 et on retourne le signe → x < −3.
Les solutions ne sont plus un nombre isolé mais tout un ensemble, qu'on écrit sous forme d'intervalle : x < −3 se note ]−∞ ; −3[. On peut aussi représenter l'ensemble des solutions sur une droite graduée, en hachurant la partie exclue.
−2x > 6 ⟺ x < −3 (on divise par −2 et on inverse le sens).
L'algèbre sert à résoudre des problèmes concrets. La méthode se déroule en quatre temps : on choisit l'inconnue (« Soit x le nombre cherché »), on traduit l'énoncé par une équation ou une inéquation, on résout, puis on interprète le résultat dans le contexte.
Exemple : « Un rectangle a une longueur qui dépasse sa largeur de 4 cm, et un périmètre de 28 cm. » On pose x = la largeur ; la longueur vaut x + 4 ; le périmètre s'écrit 2(x + x + 4) = 28, soit 4x + 8 = 28, donc x = 5. La largeur est 5 cm, la longueur 9 cm.
Traduire un problème en langage mathématique, puis revenir au sens concret, est une compétence centrale — au lycée comme dans la vie courante.
« Le double d'un nombre augmenté de 5 vaut 17 » : 2x + 5 = 17, donc x = 6.
La règle du produit nul est fondamentale : A × B = 0 équivaut à « A = 0 OU B = 0 ». On résout alors séparément chaque facteur.
Exemple : (x − 2)(x + 3) = 0 donne x − 2 = 0 ou x + 3 = 0, soit x = 2 ou x = −3. La factorisation permet ainsi de résoudre des équations qu'on ne saurait pas résoudre directement.
On résout une inéquation comme une équation, à une règle près : lorsqu'on multiplie ou divise les deux membres par un nombre négatif, on inverse le sens de l'inégalité.
Exemple : −2x > 4. On divise par −2 (négatif), donc on inverse : x < −2. Oublier d'inverser le sens est l'erreur la plus fréquente.
Résoudre (x − 5)(2x + 1) = 0.
La factorisation et la règle du produit nul sont la porte d'entrée vers les équations du second degré, étudiées en Première. Résoudre des équations est au cœur des mathématiques appliquées : physique, économie, informatique… Partout, on modélise un problème par une équation, puis on la résout.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1Développe (x + 3)² grâce à l'identité remarquable.
(a + b)² = a² + 2ab + b², donc (x + 3)² = x² + 6x + 9.
Exercice 2Factorise x² − 25.
C'est une différence de carrés : a² − b² = (a − b)(a + b), donc x² − 25 = (x − 5)(x + 5).
Exercice 3Résous l'inéquation −2x > 6.
On divise par −2 en inversant le sens : x < −3.
Exercice 4(a + b)² est égal à a² + b².
Faux : (a + b)² = a² + 2ab + b². Il ne faut pas oublier le double produit 2ab.
Exercice 5Les solutions de (x − 2)(x + 3) = 0 sont…
Un produit est nul si un facteur est nul : x − 2 = 0 ou x + 3 = 0, donc x = 2 ou x = −3.
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