CoursLangue nationale · 6e
Pourquoi un poème nous touche-t-il, alors qu'il dit parfois des choses simples ? Parce que la poésie ne sert pas seulement à informer : elle joue avec les mots, les sons et les images pour nous faire voir le monde autrement. Apprendre la poésie, c'est apprendre à entendre cette musique cachée.
Le cours
Un poème est souvent écrit en vers : des lignes qui ne vont pas forcément jusqu'au bord de la page, et qui commencent par une majuscule. À la fin des vers, on trouve souvent des rimes : des sons qui se répètent (par exemple « bonheur / cœur », « matin / chemin »).
Les vers sont regroupés en strophes, comme des paragraphes de poésie, séparés par une ligne vide. Selon leur nombre de vers, les strophes ont un nom : deux vers forment un distique, trois un tercet, quatre un quatrain.
Les rimes peuvent s'organiser de plusieurs façons : suivies (AABB), croisées (ABAB) ou embrassées (ABBA). Repérer ces éléments est la première étape pour lire un poème.
« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, / Je partirai. » (Victor Hugo)
La poésie se joue aussi avec les sons et le rythme. On compte souvent les syllabes d'un vers : un vers de douze syllabes s'appelle un alexandrin (le plus célèbre en français), un vers de dix syllabes un décasyllabe, un vers de huit un octosyllabe.
Exemple d'alexandrin (12 syllabes) : « Je-fais-sou-vent-ce-rê-ve-é-tran-ge-et-pé-né-trant » — on prononce chaque syllabe pour les compter.
Les poètes répètent aussi des sons pour créer une musique : la répétition d'une même consonne s'appelle une allitération (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » répète le son [s]), et la répétition d'une voyelle une assonance. Ces jeux sonores renforcent le sens et l'émotion.
Allitération en [s] : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » → on entend le sifflement.
Le cœur de la poésie, ce sont les images, qui font voir une chose à travers une autre. La comparaison rapproche deux éléments à l'aide d'un mot-outil comme « comme », « tel », « pareil à » : « fort comme un lion », « la lune, comme une lampe ».
La métaphore fait la même chose, mais SANS le mot-outil : elle dit directement une chose à la place d'une autre. « Cet homme est un lion » (métaphore) est plus condensé que « cet homme est courageux comme un lion » (comparaison).
Les poètes emploient aussi la personnification, qui prête des sentiments ou des actions humaines à une chose ou à un animal : « le vent murmure », « la nuit pleure ». Toutes ces images nous font voir le monde d'une façon neuve et surprenante.
Comparaison : « Ses yeux brillent comme des étoiles. » → Métaphore : « Ses yeux sont des étoiles. »
Pour mesurer un vers, on compte ses syllabes. Par exemple : « Le vent souffle sur la forêt » se découpe en Le / vent / souf / fle / sur / la / fo / rêt = 8 syllabes, c'est un octosyllabe.
Attention au « e » en fin de mot : il se prononce (et se compte) devant une consonne, mais pas en fin de vers.
Les rimes peuvent se suivre de plusieurs façons : rimes suivies (AABB), rimes croisées (ABAB), ou rimes embrassées (ABBA). Repérer cette disposition aide à comprendre la construction du poème.
Analyser ces deux phrases : « Ses yeux brillent comme des étoiles. » et « Ses yeux sont deux étoiles. »
Longtemps, la poésie a suivi des règles strictes de rimes et de syllabes. À partir du XIXᵉ siècle, des poètes ont inventé le « vers libre », sans compte de syllabes ni rimes obligatoires. Aujourd'hui, la poésie se prolonge dans les chansons et le slam, qui jouent avec les sons, le rythme et les images, exactement comme les poèmes.
Ce qu'il faut absolument retenir
Vérifie ta compréhension
Exercice 1Comment appelle-t-on une strophe de quatre vers ?
Une strophe de quatre vers est un quatrain. Le distique en a deux, le tercet trois. L'alexandrin, lui, est un vers de 12 syllabes.
Exercice 2« Ses cheveux sont une cascade d'or. » De quelle figure de style s'agit-il ?
Il n'y a pas de mot-outil comme « comme » : on dit directement que les cheveux SONT une cascade. C'est donc une métaphore.
Exercice 3Une allitération est la répétition d'une voyelle.
Faux : l'allitération répète une CONSONNE. La répétition d'une voyelle s'appelle une assonance.
Exercice 4Un vers de douze syllabes s'appelle…
Un vers de douze syllabes est un alexandrin, le vers le plus célèbre de la poésie française classique.
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